Dürer y était
Etapes d’un voyage légendaire

La présente exposition organisée en collaboration avec la National Gallery de Londres pose un regard neuf et précis sur le Voyage aux Pays-Bas (1520-21). Un voyage mystérieux à la légende duquel le génie de la peinture et du dessin a lui-même contribué – par l‘écriture.

Albrecht Dürer tenait un journal, une sorte de livre de comptes, accompagnés de notes de voyage. Celui-ci est conservé sous la forme de deux copies, réalisées environ un siècle plus tard. Le Suermondt-Ludwig-Museum présentera la version provenant des archives de la ville de Nuremberg.

90 chefs-d’œuvre

90 chefs-d’œuvre témoignent de l’habileté hors-norme de Dürer, même en voyage, loin de son propre atelier. Environ 70 dessins, peintures et sculptures d‘artistes que Dürer a rencontrés, qui se sont inspirés de lui et qui l’ont inspiré, complètent l’exposition pour créer un panorama artistique, culturel et socio-historique de ce voyage qui n’a jamais été présenté comme tel auparavant.

L’environnement artistique est grandiose. La guilde des peintres anversois menée par Joos van Cleve montre dès son arrivée ce que la visite en provenance de Nuremberg, située à plus de 800 kilomètres de là, représente pour ses collègues artistes : une fête. En accompagnant Dürer dans son voyage, on rencontre de nombreux artistes de renom : Quentin Massys, Bernard van Orley, Conrad Meit, Jan Provoost, Dirk Vellert et Lucas van Leyden, pour n’en citer que quelques-uns. Joachim Patinir que Dürer qualifie de peintre paysagiste, notion générique qu‘il forge alors, l’invite à son mariage et dans son atelier.

Dürer passe trois semaines à Aix-la-Chapelle autour des cérémonies du couronnement du roi Charles Quint. Il s’adonne aux plaisirs du bain et du jeu, il s’émerveille devant les reliques, admire et dessine la cathédrale et le Katschhof, puis l’hôtel de ville, réalise des portraits de son entourage et un chien au repos.

Une brillante école du visuel

De manière générale, il s’agit d’une des périodes les plus productives en dessins de l’artiste. Les derniers travaux de recherche recensent environ 120 feuillets de dessin réalisées dans le cadre de ce voyage. Dürer dessinait à la pointe d‘argent, à la plume, au pinceau, au fusain et à la craie (parfois combinés) sur papier, papier de couleur et parchemin. Au cours de son voyage, Dürer a également peint des tableaux, dont la création est bien plus fastidieuse que celle de ses dessins.

C’est précisément le peintre en voyage qui éclaire le phénomène Dürer, l’ascension sociale d’un artisan magistral, la vie d’artiste dans un monde qui n’avait pas encore de mot pour ce que nous appelons l’art aujourd’hui.

C’est pour montrer cette brillante école du visuel, dotée de fabuleuses et étonnantes œuvres d’art, et ce récit de voyage devenu légendaire que le Suermondt-Ludwig-Museum et la National Gallery ont réuni à Aix-la-Chapelle et à Londres, des prêts venant d’Europe et des Etats-Unis.


Suermondt-Ludwig-Museum
Wilhelmstraße 18 | 52070 Aachen
Tel. +49 241 4798040
www.suermondt-ludwig-museum.de